Guide pratique · Rentabilité

Comment augmenter la marge de ses créations artisanales ? 10 leviers pour gagner plus sur chaque vente

Avant de chercher 100 nouveaux clients, une autre question mérite d'être posée : pourriez-vous gagner 1 €, 2 € ou 5 € de plus sur les produits que vous vendez déjà ? Dix leviers concrets, avec leurs chiffres, pour récupérer de la marge sans doubler vos ventes.

📅 Publié le 02/09/2026 📖 24 min de lecture 📈 Rentabilité & pricing 🎨 Tous métiers créatifs
Ce que vous allez apprendre
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Pourquoi une économie de 0,50 € par vente peut valoir bien plus qu'un nouveau client.

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Comment renégocier ses matières premières avec de vrais arguments, sans dégrader la qualité.

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Où chercher les pertes de matières et le temps de fabrication qui ne créent aucune valeur.

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Par quels produits commencer, et comment prioriser sans reprendre tout son catalogue.

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Un exemple chiffré complet : comment passer de 12,50 € à presque 17 € sur le même produit.

Votre création se vend 40 €. Une fois les matières, le packaging, les frais de vente et les autres coûts pris en compte, il vous reste peut-être 8 €, 10 € ou 15 €. La première idée pour gagner davantage serait de vendre plus.

Mais avant de chercher 100 nouveaux clients, une autre question mérite d'être posée :

Pourriez-vous gagner 1 €, 2 € ou 5 € de plus sur les produits que vous vendez déjà ?

Augmenter légèrement un prix. Renégocier une matière première. Comparer de nouveaux fournisseurs. Commander différemment. Réduire le coût d'un emballage. Limiter les pertes de matières. Revoir une commission. Optimiser une étape de fabrication.

Pris séparément, ces changements peuvent sembler insignifiants. Mais une économie de seulement 0,50 € sur une création vendue 2 000 fois représente déjà 1 000 € sur une année. Et si plusieurs optimisations permettent de récupérer 3 € par produit ? Sur 2 000 ventes, l'écart atteint 6 000 €.

C'est tout l'objectif de ce guide. Nous n'allons pas chercher à fabriquer deux fois plus. Nous allons prendre les produits que vous vendez déjà et chercher, concrètement, où récupérer de la marge sur chaque vente.

01Avant de commencer : prenez un produit et cherchez où part l'argent

Prenons une création artisanale fictive vendue 40 €. Pour simplifier notre démonstration, imaginons la situation suivante.

Mais ils permettent de comprendre quelque chose d'essentiel. Pour améliorer les 12,50 € restants, nous pouvons agir sur plusieurs lignes : augmenter les 40 € encaissés, ou réduire les 10 € de matières, ou les 2,50 € de packaging, ou les 5 € liés au canal, ou encore produire plus efficacement.

Et c'est généralement en combinant plusieurs petites améliorations que les résultats deviennent réellement intéressants.

02Augmentez légèrement le prix de vos créations les plus stratégiques

Commençons par le levier le plus évident : le prix. Augmenter un produit de 2 € peut sembler dérisoire. Pourtant, regardez l'effet du volume.

Ventes annuelles+1 €+2 €+3 €+5 €
100+100 €+200 €+300 €+500 €
500+500 €+1 000 €+1 500 €+2 500 €
1 000+1 000 €+2 000 €+3 000 €+5 000 €
2 000+2 000 €+4 000 €+6 000 €+10 000 €

Ces montants correspondent au chiffre d'affaires supplémentaire avant les éventuels frais et prélèvements variables applicables à ces euros supplémentaires. Mais l'ordre de grandeur reste très intéressant.

Sur quels produits tester une augmentation en premier ?

Pas nécessairement sur tout votre catalogue. Commencez par regarder vos best-sellers, vos produits régulièrement en rupture, les créations dont le prix n'a pas évolué depuis longtemps, celles dont les matières ont augmenté, les produits très différenciés, et les créations pour lesquelles le prix semble faible au regard de la valeur perçue.

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Un exemple sur un best-seller

Prix actuel : 39 €. Ventes annuelles : 800. Vous passez à 41 €. À volume identique : 800 × 2 € = 1 600 € de chiffre d'affaires supplémentaire. Vous n'avez pas fabriqué un produit de plus, ni trouvé un client supplémentaire. Vous avez simplement récupéré davantage de valeur sur une demande qui existait déjà.

Mais attention à ne pas augmenter ses prix à l'aveugle

Une hausse peut également diminuer le taux de conversion. Il faut donc observer ce qui se passe après le changement : nombre de ventes, taux de conversion, panier moyen et surtout montant réellement généré.

Le bon prix n'est pas nécessairement celui qui permet de vendre le plus d'unités. C'est celui qui contribue correctement à votre activité tout en restant cohérent avec votre marché, votre positionnement et la valeur perçue de votre création.

03Renégociez vos matières premières avec vos fournisseurs actuels

C'est probablement l'un des leviers les plus simples à négliger. Au lancement de votre activité, vous commandiez peut-être 50 chaînes, 100 boîtes, 20 mètres de tissu, 10 kg de cire, 50 apprêts. Aujourd'hui, vous en achetez peut-être cinq ou dix fois plus.

Mais payez-vous toujours le même tarif unitaire ? Si oui, il est temps de poser la question. Votre augmentation de volume peut devenir un argument de négociation. Demandez à votre fournisseur ses tarifs pour plusieurs paliers : 100 unités, 500, 1 000, 2 000.

Ne demandez pas uniquement « pouvez-vous me faire un meilleur prix ? ». Arrivez avec vos chiffres :

« J'ai commandé 1 800 unités de cette référence sur les douze derniers mois et mon volume augmente. Quel tarif pourriez-vous me proposer pour mes prochaines commandes de 500 ou 1 000 unités ? »

La conversation n'est plus la même.

Quelques centimes deviennent importants avec le volume

AvantAprès négociation
Composant principal2,40 €2,15 €
Gain unitaire0,25 €

Vous en utilisez 2 000 dans l'année : 0,25 € × 2 000 = 500 € économisés, sur un seul composant. Imaginez maintenant que vous répétiez l'exercice sur votre matière principale, votre packaging, vos étiquettes, vos consommables, vos cartons d'expédition. C'est ici que les petites économies commencent à s'additionner.

04Comparez régulièrement vos fournisseurs au lieu de rester par habitude

Vous travaillez avec le même fournisseur depuis deux ans. Vous connaissez son site, vous savez quelles références commander, votre carte bancaire est enregistrée. Tout fonctionne. C'est confortable.

Mais confortable ne signifie pas nécessairement optimal. Votre marché a pu évoluer, de nouveaux fournisseurs ont pu apparaître, vos volumes ne sont plus les mêmes. Un fournisseur très compétitif à 100 unités ne l'est peut-être plus à 2 000.

Il peut donc être utile, une ou deux fois par an, de comparer vos principales matières — pas toutes vos fournitures, commencez par celles qui représentent le plus gros montant d'achat annuel.

Ne comparez surtout pas uniquement le prix affiché

Fournisseur AFournisseur B
Prix du composant1,80 €2,05 €
Minimum de commande1 000 unités300 unités
TransportÉlevéOffert à partir d'un montant
DélaiLongRapide
Taux de défautSupérieurMoindre

A semble évident au premier regard. Le fournisseur le moins cher à l'unité n'est donc pas nécessairement celui qui vous coûte réellement le moins.

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Ce qu'il faut comparer

Prix unitaire, quantité minimale de commande, frais de transport, droits/taxes éventuels selon la provenance, qualité, taux de défaut, délais, conditions de paiement, fiabilité, possibilité de négociation, capacité à suivre votre croissance. Le véritable objectif est de réduire votre coût réel rendu dans votre atelier, pas de trouver le prix affiché le plus bas.

Et ne sacrifiez jamais une matière essentielle à votre qualité pour économiser quelques centimes. Une économie qui provoque davantage de retours, de défauts ou de clients insatisfaits n'en est pas une.

05Achetez certaines matières en plus grande quantité… mais pas n'importe lesquelles

Acheter en volume permet souvent d'obtenir de meilleurs tarifs. Mais il existe un piège : « à partir de 1 000 unités, j'économise 30 % ». Très tentant. Vous commandez donc 1 000 unités. Puis douze mois plus tard, il vous en reste 700 dans une caisse.

Vous n'avez pas économisé de l'argent. Vous avez surtout immobilisé de la trésorerie dans une matière que vous consommez lentement.

Achetez en volume les matières qui tournent vite

Une remise quantitative devient beaucoup plus intéressante lorsqu'elle concerne un composant utilisé dans plusieurs best-sellers, une matière non saisonnière, un packaging standard utilisé toute l'année, une référence dont la consommation est prévisible, ou un élément que vous avez peu de risque d'abandonner.

Matière AMatière B
Économie au gros volume0,30 €/unité0,50 €/unité
Consommation annuelle2 000 unités80 unités
Quantité à commander—1 000 unités
Potentiel d'économie600 €/anPlusieurs années de stock

La matière A est probablement beaucoup plus intéressante à négocier en volume, malgré une économie unitaire plus faible.

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Pensez en consommation annuelle, pas en prix unitaire

Avant une grosse commande : combien en ai-je réellement consommé sur les 12 derniers mois ? Dans combien de créations cette matière est-elle utilisée ? Combien de mois de stock suis-je en train d'acheter ? Cette économie justifie-t-elle l'argent immobilisé ?

06Passez votre packaging au crible : chaque élément doit mériter son coût

Le packaging est souvent construit progressivement. Au départ, une boîte. Puis du papier de soie. Puis une carte. Puis un sticker. Puis un pochon. Puis une petite attention. Individuellement, rien ne semble très cher.

PackagingCoût
Boîte1,40 €
Pochon0,55 €
Carte0,25 €
Papier de soie0,25 €
Sticker0,12 €
Protection supplémentaire0,28 €
Total2,85 €

Sur 100 commandes : 285 €. Sur 1 000 : 2 850 €. Sur 2 000 : 5 700 €.

Le sujet n'est évidemment pas de supprimer toute expérience de marque. Un beau packaging peut augmenter la valeur perçue, faciliter le cadeau et participer à la fidélisation. Mais chaque élément mérite cette question :

Est-ce que cet élément apporte suffisamment de valeur pour justifier son coût ?

Peut-être pouvez-vous obtenir exactement le même rendu avec une boîte légèrement différente, un fournisseur moins cher, une commande groupée, une carte imprimée en plus grande série, ou un seul élément à la place de deux.

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L'impact sur le volume

Imaginons que vous passiez de 2,85 € à 2,10 € : 0,75 € économisés par commande. Sur 2 000 commandes, 1 500 € économisés — sans modifier votre produit, sans augmenter votre prix, sans trouver un seul nouveau client.

07Cherchez les pertes de matières que vous payez sans les voir

Vous achetez 10 mètres de matière. Mais utilisez-vous réellement 10 mètres dans vos créations ? Pas toujours. Il existe les chutes, les erreurs, les casses, les essais, les défauts, les composants perdus, les découpes inutilisables, les restes trop petits pour être réemployés. Ces pertes font pourtant partie de ce que vous avez payé.

Couture

Un meilleur placement des patrons peut réduire les chutes de tissu.

Bijouterie

Quelques centimètres de chaîne économisés ou réutilisés sur chaque série peuvent représenter plusieurs dizaines de mètres.

Bougie

La cire restante et les erreurs de dosage peuvent être mesurées.

Papeterie

Le choix du format d'impression peut permettre de placer davantage d'éléments sur une même feuille.

Céramique

Casse, essais et rebuts doivent être considérés dans le coût réel de production.

L'idée n'est pas de devenir obsédé par chaque centime. Il faut chercher les pertes répétitives sur les matières utilisées en grande quantité.

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Une perte régulière plutôt qu'exceptionnelle

Une perte moyenne de 0,40 € sur un produit fabriqué 2 000 fois représente 800 € sur l'année. C'est beaucoup plus intéressant à traiter qu'une économie exceptionnelle de 5 € réalisée une fois.

08Gagnez du temps de fabrication pour augmenter ce que vous gagnez par heure

Voici un levier qui ne réduit pas directement votre facture fournisseur. Mais qui peut transformer votre activité.

Prenons une création qui vous rapporte correctement. Vous mettez 30 minutes à la fabriquer. Vous en produisez 500 par an, soit 250 heures de fabrication.

Vous revoyez votre processus : préparation des matières en amont, fabrication par séries, outils mieux positionnés, composants pré-découpés, contrôle qualité groupé, certaines tâches répétitives simplifiées. Vous passez de 30 minutes à 22 minutes.

8 minutes économisées × 500 unités = 4 000 minutes, soit environ 67 heures récupérées

Plus de huit journées de travail de huit heures.

Produire en série peut faire une énorme différence

Imaginons que vous fabriquiez 20 bijoux. Méthode 1 : couper → assembler → contrôler → emballer le bijou 1, puis recommencer pour le 2, puis le 3… Méthode 2 : effectuer toutes les découpes, puis tous les assemblages, puis tous les contrôles, puis tous les emballages.

Selon votre métier, regrouper les tâches peut réduire les changements d'outil, les déplacements et les temps de préparation. Le but n'est pas de transformer une création artisanale en produit industriel. Il est de supprimer le temps qui n'ajoute aucune valeur au produit final.

Si le client reçoit exactement la même qualité en 22 minutes au lieu de 30, ces huit minutes ne rendaient pas votre création meilleure.

09Vérifiez si certains canaux prennent une part trop importante de votre produit

Une création peut être très rentable sur votre boutique et beaucoup moins sur une marketplace. Pourquoi ? Parce que le produit est identique, mais le coût nécessaire pour réaliser la vente change : marketplace, frais de transaction, commission, publicité, paiement, affiliation, stand de marché, dépôt-vente, prix professionnel.

CanalMontant restant dans notre exemple
Boutique17 €
Marché15 €
Marketplace A13 €
Marketplace B10 €

Cela ne signifie surtout pas « abandonnez immédiatement Marketplace B ». Si elle génère 500 ventes alors que votre boutique en génère 20, elle peut rester extrêmement importante.

En revanche, vous pouvez chercher progressivement à améliorer votre mix de ventes : développer davantage votre boutique, fidéliser les clients, améliorer votre référencement, travailler des canaux complémentaires, réserver certains produits à certains circuits, adapter vos prix lorsque votre stratégie et les règles du canal le permettent.

Votre objectif n'est pas forcément de supprimer les canaux coûteux. Il est de savoir combien chacun vous rapporte réellement et de décider en connaissance de cause.

10Gagnez davantage sur une même commande avec des produits complémentaires

Vous avez déjà fait le plus difficile : obtenir le client. Il a découvert votre marque, consulté votre boutique, choisi un produit. Il est prêt à acheter. Pouvez-vous augmenter la valeur de cette commande sans chercher un nouveau client ?

Vous vendez un collier : proposez un pendentif complémentaire. Vous vendez une bougie : proposez un accessoire adapté. Vous vendez un sac : proposez une pochette. Vous vendez un produit cadeau : proposez un emballage premium ou une carte. Vous vendez des produits consommables : proposez un lot.

Pourquoi la deuxième vente peut être particulièrement intéressante

Certains coûts ont déjà été engagés. Vous n'avez pas besoin d'acquérir un deuxième client. Vous ne préparez pas nécessairement un deuxième colis. Certains frais fixes de commande sont déjà absorbés. Une commande de 40 € peut ainsi devenir 52 € ou 65 € sans doubler vos coûts.

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Ne confondez pas panier moyen et rentabilité

Un lot de trois produits avec −25 % peut augmenter spectaculairement le panier moyen tout en réduisant ce que vous gagnez. Chaque offre complémentaire doit donc être pensée en termes de gain supplémentaire réel, pas seulement de chiffre d'affaires.

11Arrêtez de subir les produits qui ne rapportent pas assez : augmentez, optimisez ou supprimez

Voici probablement le conseil le plus difficile. Vous aimez cette création. Elle est dans votre catalogue depuis le début. Elle reçoit parfois des compliments. Mais économiquement ? Elle est mauvaise.

PosteMontant
Prix de vente29,00 €
Matières10,00 €
Packaging2,00 €
Temps valorisé9,00 €
Frais de vente5,00 €
Autres coûts1,00 €

Il reste très peu de marge de manœuvre. Et si le produit demande en plus beaucoup de SAV, plusieurs variantes à stocker et des matières spécifiques utilisées nulle part ailleurs, il peut complexifier votre activité pour très peu de résultat.

1

Augmenter son prix. 29 € → 34 €. Le produit devient peut-être viable.

2

Réduire son coût. Nouveau fournisseur, matière négociée, packaging différent, fabrication plus rapide.

3

Le repositionner. Une meilleure présentation ou une version premium peut permettre un prix supérieur.

4

Arrêter de le vendre. Supprimer une référence peut parfois améliorer la rentabilité globale d'une activité.

Vous libérez du stock, des matières, du temps, de la place, de la trésorerie, de la complexité. Et surtout, vous pouvez concentrer vos efforts sur les produits qui méritent réellement d'être développés.

Toutes les ventes ne sont pas de bonnes ventes.

12Exemple concret : comment passer de 12,50 € à presque 17 € sur le même produit

Reprenons notre création du début. Prix : 40 €. Montant restant dans notre simulation initiale : 12,50 €. Nous appliquons maintenant plusieurs optimisations.

OptimisationDétailGain
Prix de vente40 € → 42 €+2,00 €
Négociation matière principale10 € → 9,20 €+0,80 €
Packaging optimisé2,50 € → 1,90 €+0,60 €
Réduction des pertes de matièresGain moyen+0,30 €
Optimisation des frais liés au canal—+0,70 €
Total+4,40 €

Avant prise en compte des éventuels effets de ces changements sur les cotisations, commissions calculées en pourcentage du prix ou autres prélèvements variables, notre produit est passé approximativement de 12,50 € à 16,90 €, sans changement radical.

Maintenant, regardons le volume.

Ventes annuellesGain total
100+440 €
500+2 200 €
1 000+4 400 €
2 000+8 800 €

C'est là que la logique devient puissante. Vous n'avez pas trouvé 1 000 nouveaux clients. Vous avez simplement cherché 4,40 € supplémentaires dans un produit que vous vendiez déjà.

13Où chercher vos premiers euros de marge ?

Ne commencez pas par reprendre les 75 créations de votre catalogue une par une. Commencez par celles qui comptent vraiment.

1

Prenez vos 5 produits les plus vendus. Ce sont ceux sur lesquels une petite amélioration peut avoir le plus d'impact.

2

Notez pour chacun le prix de vente, le coût des matières, le coût du packaging, le temps de fabrication, les frais du canal, la quantité vendue sur l'année.

3

Cherchez 1 € supplémentaire. Puis-je le gagner en augmentant légèrement mon prix ? En récupérant 1 € sur mes achats, mon packaging, ma fabrication, mes pertes, mes frais de vente ?

4

Multipliez par le volume annuel. Vous économisez 0,60 €. Cela semble ridicule. Mais votre best-seller se vend 1 400 fois : 0,60 € × 1 400 = 840 €.

Vous venez peut-être de trouver une économie plus importante que celle obtenue en négociant pendant trois heures un abonnement professionnel à 20 € par mois.

★
Une règle simple

Travaillez d'abord les gros postes et les gros volumes : petit gain × gros volume = gros impact.

145 questions à poser à vos fournisseurs cette semaine

Vous pouvez d'ailleurs commencer très concrètement. Contactez vos principaux fournisseurs et demandez :

1

« Avez-vous des tarifs dégressifs selon les quantités ? » — même si rien n'est affiché sur leur site.

2

« Quel serait votre meilleur tarif pour 500 / 1 000 / 2 000 unités ? » — vous découvrirez le véritable palier intéressant.

3

« Pouvez-vous me proposer un tarif adapté à mon volume annuel ? » — particulièrement pertinent si vos commandes deviennent régulières.

4

« Existe-t-il un conditionnement plus économique ? » — carton complet, bobine entière, sachet professionnel, gros conditionnement.

5

« Pouvez-vous améliorer vos conditions si je regroupe mes commandes ? » — le prix unitaire n'est pas le seul élément négociable.

Vous pouvez parfois travailler sur le transport, les minimums, les délais, les conditions de règlement, les quantités, les références regroupées.

L'objectif n'est pas de mettre constamment vos fournisseurs sous pression. Une relation fiable possède elle aussi une valeur. Mais votre activité grandit : vos conditions d'achat peuvent elles aussi évoluer.

15Faut-il toujours choisir le fournisseur le moins cher pour augmenter sa marge ?

Non. Et c'est une erreur importante à éviter.

Fournisseur AFournisseur B
Matière1,80 €2,00 €
Taux de défautÉlevéRégulier
LivraisonLenteRapide
MOQImportantPetites quantités possibles
SAV—Excellent

Les 0,20 € d'économie du fournisseur A peuvent disparaître très rapidement si vous devez jeter des pièces, refaire des créations ou gérer des retards. Le bon fournisseur n'est donc pas nécessairement le moins cher.

★
Le meilleur équilibre

Coût + qualité + fiabilité + conditions + délai + capacité à suivre votre activité. La marge ne doit jamais être améliorée au détriment de ce qui fait acheter vos créations.

16Ce qu'il ne faut surtout pas sacrifier pour gagner quelques centimes

Réduire ses coûts est utile. Dégrader son produit beaucoup moins. Soyez particulièrement prudent avec la qualité d'une matière visible ou importante, la solidité, la sécurité, la conformité réglementaire, les éléments qui définissent réellement votre positionnement, et l'expérience que vos clients apprécient et pour laquelle ils reviennent.

Si votre boîte premium participe fortement à l'expérience cadeau de votre marque, la remplacer par un sachet basique pour économiser 80 centimes peut être une mauvaise décision.

En revanche, si votre client reçoit une boîte, un pochon, deux cartes, trois stickers, du papier et un ruban, et qu'une partie finit directement à la poubelle… il existe peut-être quelque chose à optimiser.

Réduire un coût qui ne crée pas de valeur : oui. Réduire la valeur pour réduire le coût : beaucoup plus risqué.

17Augmenter sa marge : faut-il commencer par les prix ou par les coûts ?

Les deux peuvent fonctionner. Augmenter le prix possède un avantage : l'effet peut être immédiat. Réduire les coûts possède un autre avantage : le client ne voit pas nécessairement le changement.

Dans la pratique, la meilleure stratégie est souvent une combinaison. Par exemple : +1 € sur le prix, −0,40 € sur la matière, −0,30 € sur le packaging, −0,20 € de pertes, −0,30 € de frais.

Vous venez d'améliorer l'économie du produit de 2,20 € par vente

Sans imposer une hausse importante au client et sans dégrader le produit. C'est précisément pourquoi il est intéressant de connaître en détail la composition du coût de chacune de vos créations.

18Comment savoir quels produits optimiser en priorité ?

Lorsque vous possédez trois créations, vous pouvez facilement faire ces calculs à la main. Lorsque vous en possédez 30, 50 ou 100, les choses deviennent plus compliquées.

Une même chaîne peut être utilisée dans 18 bijoux. Une boîte dans 35 références. Un tissu dans 7 produits. Votre fournisseur augmente une matière de 8 % : quelles créations viennent de perdre de la rentabilité ? Vous obtenez un nouveau tarif fournisseur : quels produits deviennent plus intéressants ? Vous augmentez le prix d'une création de 2 € : combien cela change-t-il réellement ?

C'est précisément ce type de données que Pomia permet de relier.

Fournisseurs → matières → créations → coûts → prix → ventes → rentabilité

Vous pouvez centraliser vos matières et fournisseurs, calculer le coût de revient de vos créations et suivre ce qu'elles vous rapportent. Ainsi, lorsqu'un coût évolue, vous ne réfléchissez plus uniquement en disant « mon fournisseur a augmenté ses prix ». Vous pouvez chercher :

Quelles créations sont concernées et combien cela me coûte ? Et lorsque vous obtenez un meilleur tarif : sur quels produits cette économie aura-t-elle le plus d'impact ?

C'est cette vision qui permet de décider où concentrer ses efforts.

19En résumé : 10 façons de gagner davantage sur les produits que vous vendez déjà

Vous n'avez pas forcément besoin de doubler vos ventes pour améliorer la rentabilité de votre activité artisanale. Commencez par regarder les produits qui se vendent déjà.

1

Augmentez intelligemment certains prix.

2

Renégociez vos matières premières.

3

Comparez régulièrement vos fournisseurs.

4

Achetez en volume les matières qui tournent réellement.

5

Optimisez votre packaging.

6

Réduisez les pertes de matières.

7

Réduisez le temps de fabrication inutile.

8

Analysez les frais de vos différents canaux.

9

Développez les ventes complémentaires.

10

Augmentez, optimisez ou supprimez les produits qui ne rapportent pas assez.

Puis recommencez l'exercice régulièrement. Parce qu'une économie de 0,20 € ici, 0,50 € là, 1 € ailleurs, semble insignifiante lorsqu'on regarde une seule vente. Sur plusieurs centaines ou milliers de créations, elle peut transformer le résultat d'une année.

★
La vraie question

Ce n'est pas seulement « comment vendre davantage ? » mais aussi « comment gagner davantage sur ce que je vends déjà ? »

20Questions fréquentes

Comment augmenter la marge d'un produit ?

Deux grands leviers permettent d'augmenter ce qu'un produit rapporte : augmenter son prix de vente ou réduire son coût. Il est possible de réduire le coût en négociant les matières premières, en comparant les fournisseurs, en optimisant les quantités achetées, le packaging, les pertes ou encore le processus de fabrication.

Comment augmenter sa marge sans augmenter ses prix ?

Commencez par analyser vos principaux coûts. Négociez les matières achetées en volume, comparez plusieurs fournisseurs à qualité équivalente, réduisez les pertes, vérifiez le coût du packaging et cherchez les étapes de fabrication qui peuvent être réalisées plus efficacement.

Comment négocier le prix de ses matières premières ?

Appuyez-vous sur vos volumes réels. Demandez les tarifs correspondant à plusieurs quantités et présentez votre consommation annuelle au fournisseur. Vous pouvez également négocier d'autres éléments que le prix unitaire, comme les frais de livraison, le minimum de commande ou certaines conditions commerciales.

Faut-il changer de fournisseur pour gagner plus ?

Pas nécessairement. Commencez par négocier avec votre fournisseur actuel. Comparez ensuite son offre à d'autres solutions en prenant en compte le prix, mais également les frais de transport, les quantités minimales, les délais, la qualité et le taux de défaut. Un fournisseur moins cher peut finalement coûter davantage s'il est moins fiable.

Est-il toujours intéressant d'acheter ses matières en gros ?

Non. L'achat en volume est particulièrement intéressant pour les matières que vous consommez régulièrement et dont la demande est prévisible. Acheter plusieurs années de stock uniquement pour bénéficier d'un meilleur prix peut immobiliser inutilement votre trésorerie.

De combien faut-il augmenter ses prix ?

Il n'existe pas de pourcentage universel. Analysez le coût actuel de la création, ce qu'elle vous rapporte, son volume de ventes, la demande, votre positionnement et la valeur perçue. Une petite augmentation sur un produit vendu en grande quantité peut parfois suffire à produire un impact significatif.

Comment savoir quelle création optimiser en premier ?

Commencez généralement par les produits vendus en volume. Une économie de 0,50 € sur un produit vendu 2 000 fois représente 1 000 €, alors qu'une économie de 5 € sur une création vendue 20 fois n'en représente que 100 €. Croisez donc potentiel d'optimisation et volume de ventes.

Peut-on augmenter sa marge sans réduire la qualité ?

Oui. La négociation fournisseur, l'achat au bon volume, la réduction des pertes, l'amélioration de l'organisation, la simplification d'un packaging inutilement complexe ou l'optimisation des frais de vente peuvent réduire les coûts sans modifier la qualité du produit final.

Calculez ce que chaque création vous rapporte réellement

Centralisez vos matières, fournisseurs, créations et coûts, calculez votre coût de revient et votre bénéfice, puis comparez la rentabilité de vos produits selon vos différents canaux de vente.

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